Prendre soin de soi : apprenez à vous tourner vraiment vers vous-même

Prendre soin de soi : apprenez à vous tourner vraiment vers vous-même

Prendre soin de soi est avant tout un état d’esprit. C’est pourquoi, vous ne trouverez pas ici une liste d’actions « miracles » pour se sentir mieux. D’ailleurs, mon expérience de psychologue m’a appris que des conseils d’actions précises (faites ceci, ne faites pas cela…) ne conviennent pas forcément aux personnes et ne répondent pas toujours à leurs attentes. Parfois même, ces conseils apportent de l’ambiguïté, voire de la brume sur le chemin, parce que prendre soin de soi est avant tout une question d’équilibre et de nuances. Ce n’est pas l’application d’une recette miracle. Et sur ce chemin, chacun a la voie libre pour trouver son propre équilibre. Aujourd’hui, je vous propose une direction, parmi d’autres. Cette direction consiste à prendre soin de trois grandes sphères dans notre existence : notre mental, notre corps, nos relations sociales. Dans cet article, nous parlons du mental et du corps. Un prochain article sera dédié aux relations sociales.

N.B : Je sépare le corps et le mental pour des raisons de clarté de présentation, mais bien entendu, ils sont extrêmement liés et s’influencent mutuellement pour former un tout : notre système psycho-corporel. Ne les négligez pas, ni l’un ni l’autre.

Prenez soin de votre état mental pour plus de sérénité

A mon sens, prendre soin de son mental renvoie à deux grands défis : s’offrir des pauses psychiques et accueillir ses émotions (y faire face et les réguler).

Offrez-vous des pauses psychiques

Nos vies sont remplies de choses à faire, de stimulii et de facteurs de stress ou de pression. Vous avez peut-être la sensation d’être fatigué nerveusement, de toujours avoir quelque chose à penser, à gérer, à faire… l’impression de ne jamais pouvoir vous arrêter. Il est vrai que les vies d’aujourd’hui vont vite et sont très remplies : la société va vite, il faut aller vite au travail, il faut avoir des activités hors travail, il faut avoir un intérieur propre et beau, il faut être musclé, bien coiffé, habillé tendance et j’en passe. Les réseaux sociaux ajoutent de la pression sociale et leur consultation occupe un temps non négligeable dans une journée. Bref, vous êtes bombardé d’injonctions, d’informations et les sources de stress potentiel sont multiples. Vous culpabilisez à l’idée de vous arrêter ou bien vous ne voyez simplement pas comment il serait possible de faire des pauses ou d’en faire moins (sous peine d’être encore plus stressé ensuite !). Cette pensée est piégeante et la première direction à suivre pour prendre soin de vous est d’y renoncer : oui, vous pouvez vous arrêter et ne pas céder à la pression sociale. Non, ce ne sera pas pire après une pause. Le pire qui puisse vous arriver est que vous aurez davantage d’énergie pour faire ce que vous avez à faire ! Et peut-être même qu’après une pause vous verrez les choses différemment : vous aurez trouvé la solution à un problème, un problème se sera résolu de lui-même ou encore vous ne jugerez plus nécessaire de faire absolument le nettoyage de vos carreaux ce jour-là car cela peut bien attendre encore…

Alors comment faire une pause psychique ?
Étant donné que les sources de stress et de tensions psychiques sont propres à chacun, la façon de les apaiser et de les réguler est aussi propre à chacun. Vous allez donc avoir ce merveilleux travail d’exploration à faire : trouver ce qui vous permet le mieux de faire une pause psychique. Parmi les voies possibles, vous pouvez tester par exemple :

  • Prendre un bain
  • Faire une balade dans un lieu ressourçant pour vous (nature, musée…)
  • Ne rien faire et regarder par la fenêtre ou regarder le plafond
  • Boire une boisson chaude sans rien faire d’autre
  • Faire une sieste
  • Faire du yoga, du Pilates
  • Danser
  • Écouter / jouer de la musique
  • Pratiquer un exercice de relaxation
  • Pratiquer la méditation de pleine conscience
  • Fermer les yeux et sentir votre respiration ventrale
  • Pratiquer un sport que vous appréciez

La pause psychique devrait idéalement vous permettre de relâcher les tensions psychologiques, les pensées stressantes, anxiogènes ou les ruminations. Elle devrait vous permettre de trouver un certain calme et de sentir que votre corps et votre mental se détendent ne serait-ce qu’un petit peu. Du mieux que vous le pouvez, faites exister de tels temps de pause plusieurs fois par semaines (au moins 4 fois) ; l’idéal serait de vous en offrir au moins une chaque jour. La durée de votre pause psychique dépendra de votre besoin et de vos possibilités. Mais, vous imaginez bien que vous octroyer 30 minutes (ou, encore mieux, 1 heure) de pause psychique vous sera davantage bénéfique que 5 minutes. Néanmoins, je vous ai dit plus haut qu’il était question de nuance et d’équilibre : c’est à vous de trouver votre durée idéale de pause psychique en fonction de vos besoins (c’est votre priorité) et de vos contraintes.

Une dernière chose : la pause psychique peut être parfois obtenue par la distraction (regarder la télé, les réseaux sociaux, une vidéo sur Internet, lire, faire la fête, etc.). Ayez cependant conscience que ces formes de distractions ont plutôt tendance à nous déconnecter de nous-même. On met de côté nos pensées et les choses à faire, on débranche. Avec ces activités, on s’évade (c’est bien aussi parfois) mais on ne procède pas à un retour à soi ressourçant et consolidant. La pause psychique consiste à revenir à soi, à ses sensations, ses ancrages corporels, en acceptant de ne pas traiter les pensées et les choses à faire durant le temps de la pause. Cela implique de pouvoir faire face aux émotions du moment et à celles qui émergent, même si elles sont désagréables, sans chercher à les fuir (par la distraction). Voyons maintenant comment accueillir et réguler vos émotions.

Apprenez à accueillir et à réguler vos émotions

Accueillir et réguler nos émotions : en voilà un programme pour le reste de l’été (ou de l’année !). C’est un travail de tous les jours. Oui, nous pouvons parler de travail parce que notre mental pourrait avoir tendance à préférer éviter les choses trop désagréables et pénibles à supporter. Être dans l’accueil de nos émotions, quelles qu’elles soient, nous demande donc un travail : c’est-à-dire que nous avons à accepter d’endurer, dans un premier temps, l’aspect possiblement pénible de l’émotion (si elle est désagréable) avec son lot de sensations physiques inconfortables pour pouvoir réguler cette émotion. Il ne nous est pas possible de réguler une émotion que nous fuyons. Elle ne s’effacera pas par magie, elle reviendra de plus belle. Donc pour pouvoir réguler l’émotion et la voir passer, s’évacuer, il faut d’abord l’accueillir même si c’est difficile. Accueillir permet de faire quelque chose de ce qui est là : le transformer ou l’évacuer.

Pour être en mesure d’accueillir une émotion, il faut d’abord être attentif à soi : soyez attentif à vos sensations corporelles et à vos pensées. En effet, l’émotion ne va pas arriver en se présentant : « Bonjour, je suis l’anxiété et je vais te gâcher ta journée si tu ne fais pas attention à moi ! ». Non, l’émotion va s’installer en vous, sans forcément faire grand bruit, et se manifester par certains signaux. Des signaux sous forme de sensations physiques, par exemple pour l’anxiété : des tensions musculaires, un mal de ventre, de tête ou de dos, une respiration courte, haute et crispée, la mâchoire tendue et les dents serrées, les poings serrés, les épaules tendues et remontées, notamment. Et puis l’émotion va aussi se manifester par des signaux psychologiques sous forme de pensées. Vous allez vous dire des choses intérieurement, des pensées vont vous traverser. Il est parfois difficile de repérer ces pensées car elles vont très vite et sont produites automatiquement par notre mental. On les appelle des pensées pré-conscientes car elles nous traversent sans que nous en ayons clairement conscience. Mais si vous vous entraînez et que vous êtes très attentif à votre vie intérieure, vous les repérerez de plus en plus facilement. Ces pensées automatiques sont, par exemple, cette petite voie qui dit : « Je ne vais jamais y arriver » ou « T’es vraiment trop nulle » ou encore « Si je parle devant tout le monde, je vais avoir l’air ridicule », etc. Ce ne sont que quelques exemples et il existe des pensées plus subtiles. Il est très très utile d’apprendre à les repérer et à les écouter. En développant cette écoute de vous-même (psychologique et physique), vous augmentez votre capacité à repérer et à identifier vos émotions. Cela est une première étape qui apporte déjà du soulagement. Ensuite, utilisez les actions qui vous permettent des pauses psychiques : elles vous aideront à réguler vos émotions et à vous ressourcer.

Votre corps mérite le plus grand soin

Prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin de son corps, non pas dans un souci d’apparence mais dans un état d’esprit bienveillant envers soi-même. Il s’agit d’exprimer de la gratitude et de la bienveillance envers ce corps pour tout ce qu’il nous permet de faire et de vivre ; et cela, malgré certaines douleurs physiques ou certaines maladies qui viennent parfois nous empêcher ou nous angoisser.

La meilleure des directions pour prendre soin de son corps, au-delà des conseils de bon sens et de santé (que vous trouverez un peu partout dans les magazines et sur Internet), c’est de porter davantage d’attention et de conscience à ce que vous faites pour votre corps : sortez du mode automatique (vous êtes en mode automatique, par exemple, quand vous prenez votre douche en pensant à la réunion qui vous attend ; ou quand vous mangez vite sans y prêter attention car vous ruminez la réflexion que vous a fait untel dans l’après-midi).

Comment être davantage conscient ? En tournant intentionnellement votre attention sur des sensations de votre corps pendant que vous en prenez soin ; et en ralentissant vos gestes, quand le temps vous le permet. Voici quelques exemples :

  • sous la douche, portez attention à la sensation de l’eau qui coule sur votre peau ;
  • quand vous vous lavez, portez attention à l’odeur du savon et à sa texture sur votre peau ;
  • si vous avez la peau sèche, prenez le temps de la nourrir (et portez attention à l’odeur, à la texture, à la teinte de votre peau pendant l’application de la crème) ;
  • quand vous mangez : portez attention à l’odeur de vos aliments avant de les mettre en bouche ; soyez attentif aux saveurs dans votre bouche avant d’avaler l’aliment ; pour tout cela, ralentissez ;
  • choisissez des aliments sains, que vous digérez bien mais aussi qui vous font plaisir (plaisir des yeux, du nez, du goût) ; prendre soin de son alimentation est important pour fournir du bon carburant à notre corps, pour nous sentir bien dans notre peau, mais sans tomber dans un contrôle excessif. Ici aussi la nuance est de mise ainsi que la variété pour éviter les risques de carences ;
  • pratiquez une activité physique ou sportive qui vous fait du bien et dans laquelle vous sentez que vous renforcez votre corps, en respect des possibilités de votre organisme ;
  • prenez soin de votre sommeil : offrez-vous 7 à 9h de sommeil chaque nuit et instaurez-vous une routine d’endormissement (lumière tamisée, idéalement pas d’écran au moins 30 minutes avant de vous coucher, activité relaxante le soir…).

Vous l’aurez compris à travers cet article : prendre soin de vous, c’est vous accorder de l’importance et de l’attention. Cela est primordial pour mieux vous tourner vers les autres, quand vous avez l’énergie nécessaire pour cela. Mais n’inversez pas les choses : prenez soin de vous avant d’aider les autres (et continuez pendant que vous soutenez vos proches), sinon vous risquez de vous épuiser et de générer un cercle vicieux.

Prendre soin de soi…

Prendre soin de soi, prendre soin des autres… quelles est la priorité pour un bon équilibre ?

Hier, je vous parlais dans mon article (https://cabinet-crealis.fr/le-bonheur-des-uns/) de la peur qu’ont certaines personnes de devenir égoïstes si elles pensent à elles et prennent soin d’elles-mêmes. Elles choisissent alors d’être avant tout disponibles pour leurs proches, leur entourage, et de donner la priorité aux besoins des autres.

Aujourd’hui, je reviens vers vous pour vous parler des conséquences possibles d’un tel fonctionnement. Que risque-t-il de se passer, dans le temps, à force de prioriser ainsi les autres et leurs besoins, au détriment de soi ? Qu’en est-il de notre équilibre psycho-corporel si nous nous négligeons pour prendre exclusivement soin des autres ?

Voici une infographie qui résume le cercle vicieux qui pourrait risquer de se mettre en place.

Comment rompre cette spirale infernale ?

Il est précisément important d’être à l’écoute de certains signaux, notamment émotionnels. Vous ressentez de l’agacement, de l’irritation, de la colère ? Vous vous sentez impatient.e ? Vous culpabilisez d’exprimer de l’agressivité ou de l’impatience envers votre entourage ? Cela doit être considéré comme un signal d’alarme. Cela signale qu’il y a en vous un déséquilibre et qu’il vous faut marquer une pause pour vous écouter et rechercher ce qui cause ce déséquilibre. Quels besoins n’ont pas été entendus ? Il va alors falloir apprendre : 1) à vous écouter pour entendre ces signaux et ce qu’il ont à dire ; 2) à mettre en place des petites choses, des actes pour prendre soin de vous…

Comment pourriez-vous prendre davantage soin de vous ?

Rendez-vous prochainement pour parler de la manière de prendre soin de soi et de ses besoins 🙂

Le bonheur des uns…

Être heureux et goûter au bonheur… Penser à soi… Vivre plus léger…

Nombreux sont les patients que je rencontre qui ont peur de devenir une mauvaise personne s’ils se mettent à penser à eux, à ce dont ils ont besoin pour se sentir bien et davantage sereins. Ils me disent : « Mais, si je pense à moi, je vais devenir égoïste ? ».

Cela vous arrive-t-il à vous aussi ?

Si l’on va dans ce sens, pour être « quelqu’un de bien » et d’altruiste, il faudrait être toujours disponible pour les autres (donc ne pas prendre de temps pour soi…), aider nos proches à accéder à leurs besoins pour se sentir bien (mais surtout ne pas le faire pour nous-même…), faire en sorte que nos proches obtiennent ce qu’ils souhaitent (en mettant de côté ce que, nous, nous souhaiterions…).

Dans quel état psychologique et physique se retrouve-t-on après plusieurs mois, voire années, à fonctionner comme cela ? … Je vous laisse y réfléchir quelques temps et noter sur un papier vos réponses, vos réflexions, vos remarques.

Je reviens demain avec un nouvel article pour vous parler des conséquences et enjeux d’un tel fonctionnement.

En attendant, prenez soin de vous, du mieux que vous le pouvez 🙂

(Et d’ailleurs, ça veut dire quoi « prendre soin de soi » ? Des idées ? A vos plumes !)